PROJET COVID-19 : LES RÉALITÉS DU TERRAIN RACONTÉES PAR LES PAIRS ÉDUCATEURS

Depuis le mois de mai, Horizons Femmes  met en œuvre le projet de prévention de l’infection à corona virus dans les points chauds de la ville de Yaoundé. Cette initiative est appuyée par le Haut-Commissariat du Canada au Cameroun à travers les Fonds Canadien d’Initiatives Locales (FCIL). Elle rentre dans le vaste programme de lutte contre la pandémie  de Covid-19 au Cameroun lancé par le gouvernement canadien. La proposition de Horizons Femmes a attiré l’attention du Haut-Commissariat du fait du haut degré de vulnérabilité de la cible visée. Si la cible est particulière, les activités en leur direction sont toutes aussi empruntes des réalités spécifiques aux activités de la cible comme en témoignent les interventions de deux Pairs Educateurs

Marie Jeanne, Pair Educatrice au quartier Melen

 

« Dans le cadre du projet de prévention de la Covid-19, j’étais sensée passer de couloir en couloir pour sensibiliser mes sœurs. Je les sensibilisais en les parlant de la Covid-19, des mesures barrières à respecter, des positions à adopter. J’avais les dépliants que je les distribuais et sur lesquels il y a des messages de sensibilisation, des images des mesures à respecter. En plus des dépliants j’avais des affiches que je collais dans les couloirs où je travaillais. Pour les gels hydro-alcooliques, je leur demandais de venir participer aux ateliers pratiques pour apprendre à fabriquer elles-mêmes leurs solutions hydro-alcooliques et bénéficier aussi d’un flacon de solution hydro-alcoolique offert par Horizons Femmes. Comme ce sont mes sœurs, elles m’ont accueilli avec joie. Elles étaient contentes que je viens les parler et que je les invite aux ateliers pratiques où on distribuait les gels avec les cache-nez. Je passais par l’aubergiste avant d’atteindre les filles. Ils m’aidaient à transmettre le message aux filles qui étaient absentes lors de mon passage. En termes de difficultés, je recevais souvent des insultes disant que nous sommes entrain de manger l’argent du corona. Mais je n’ai pas connu de violences sur le terrain. Autre difficulté était relative au fait que les filles réclamaient la distribution des cache-nez et des solutions hydro-alcooliques sur le terrain. Je leur ai expliqué que la distribution des outils de protection sur le terrain peut provoquer des attroupements et c’est un risque de propagation du corona virus. Ce qu’on peut améliorer c’est d’installer les points de lavage des mains devant les chambres des filles pour que le client se lave directement les mains et ne touche plus rien avant d’entrer dans la chambre. Le côté positif c’est qu’elles ont accueilli favorablement l’activité et elles ont été contentes de ce qu’on a fait ».

 

Alfred, Pair Educateur à Nkolbisson

 

« Dans le cadre du projet on était chargé de la sensibilisation interpersonnelle et on devait élargir la sensibilisation à travers l’apposition des affiches et on distribuait les dépliants aux personnes qu’on sensibilisait. On effectuait des descentes deux fois par semaine. Les filles qu’on devait sensibiliser coopéraient parce que la maladie de Covid-19 est nouvelle et tout le monde veut savoir de quoi il est question. Quand on arrivait, elles voyaient en nous ceux qui pouvaient apporter de plus amples explications sur la pandémie et nous faisions le maximum pour les renseigner sur les mesures barrières à respecter. Avec les aubergistes c’était plutôt facile. Il fallait juste les rencontrer à l’avance et leur expliquer que vous devions avoir une séance de travail avec leurs filles, ils nous accordaient l’autorisation sans problèmes. En termes de difficultés, on recense le nombre limité du matériel de sensibilisation. Le nombre de dépliants avec lequel on descendait pour les sensibilisations s’avérait petit par rapport au nombre de personnes qu’on touchait sur le terrain. On note aussi l’effet néfaste des fortes intempéries qui décollaient les affiches et les effaçaient aussi. Ce qu’on peut améliorer dans le cadre du projet c’est de distribuer le matériel de protection et de prévention aux bénéficiaires sur le terrain afin de joindre les actes à la parole. Les réactions étaient mitigées sur le terrain. Il est arrivé qu’on rencontre des gens sur le terrain qui nous disaient : allez loin là-bas avec votre histoire de Covid là. Même si on est malade, c’est Dieu qui va nous soigner. Mais ces réactions étaient minimes. Par contre nous avons rencontré un monsieur qui s’est présenté comme un ancien ingénieur de travaux publics et qui est client de TS, qui nous a encouragés et qui a pris du temps à discuter avec nous en appréciant le travail qu’on faisait. »

 

Cédric NOUMBISSIE

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